Travailleur isolé convaincu

Protection du Travailleur Isolé : comment faire adhérer les…

Donner accès à un Dispositif d’Alarme pour Travailleur Isolé à ses salariés est plus qu’un devoir : c’est une obligation. En effet, le Code du Travail impose à chaque entreprise de mettre à la disposition de ses salariés un équipement pour signaler toutes situations de détresse. Si ce n’est pas le cas, l’employeur peut voir sa responsabilité civile et pénale engagées en cas d’accident. Devoir équiper ses salariés pour assurer leur sécurité est une chose, s’assurer qu’ils utilisent bel et bien leur dispositif en est une autre.

En effet, le risque pour l’employeur, et par extension le salarié, c’est d’investir un montant conséquent dans un dispositif PTI et que ce dernier reste remisé au vestiaire ou ne soit pas activé par les travailleurs isolés. C’est évidemment contre-productif et onéreux. Dès lors l’adoption du DATI est un véritable défi, qui se gère à la manière d’un projet commun conduit de façon structuré et organisé sans oublier une partie formation indispensable.

Un projet PTI se structure autour de 3 grands principes :

  • L’analyse du besoin
  • L’implication du personnel
  • La formation continue

L’analyse du besoin PTI

Analyser le besoin est l’étape essentielle pour comprendre l’outil qu’il est nécessaire de déployer. C’est l’étape où il faut se poser les bonnes questions :

1/ Quel type de solution choisir ? Il existe plusieurs formes de DATI, du simple boîtier à l’application smartphone.
Le boîtier se cantonnera à donner l’alerte en cas de détresse ou de détection d’inactivité (situation « d’homme-mort »). Équipé de deux boutons, il est binaire et peu parfois être trivial aux yeux de ses utilisateurs.
Le boîtier radio, extension du simple boîtier, permet de communiquer avec les personnes disposant du bon canal et donc d’avertir sur sa situation ou sa position.
Dans les deux cas, les boîtiers viennent s’ajouter à la panoplie des travailleurs, ce qui peut potentiellement les gêner. Ils seront donc tentés de l’oublier aux vestiaires.
Troisième option, l’appli smartphone, en cohérence avec la révolution technologique du 21e siècle. Les téléphones, aussi fiables et solides que les boîtiers, ont l’avantage de détecter les chutes grâce à leurs capteurs intégrés, d’être facilement géo-localisables et de faire partie du quotidien des employés. Attention toutefois aux abus.

Types de DATI

2/ Comment s’assurer de géolocaliser facilement le collaborateur, à l’extérieur comme à l’intérieur d’un bâtiment ?
L’enjeu ici est évidemment la géolocalisation accompagnée de la pertinence du réseau. En effet, disposer d’un appareil qui géolocalise c’est bien, ne pas avoir de réseau pour s’en servir, c’est dommage.
Il faut donc s’assurer que le dispositif employé capte le signal partout pour ne pas avoir de mauvaise surprise. Cela sous entend de tester chaque zone de travail pour garantir une géolocalisation fiable et efficace.

3/ Comment transmettre l’alerte sans couverture GSM ?
Il existe des lieux ou des conditions de travail où aucun réseau ne peux être capté. C’est le cas des ascenseurs ou des mines par exemple. Dans ce cas il faut utiliser un appareil qui ne passe pas par les signaux satellites pour communiquer comme les ondes radio par exemple.

4/ Comment gérer l’intervention d’urgence et l’accès des secours à la zone de l’accident ?
Lorsque l’alerte retentit, ce sont les collaborateurs qui se déplacent en premier sur la zone de l’accident, mais le plus important est de laisser la place aux secours ! Il est primordial de faciliter l’accès aux secours et de les aider dans leur intervention, sans les gêner.
Il peut s’avérer que le travailleur isolé fasse un malaise dans un endroit très difficile d’accès pour ces derniers, sur un échafaudage ou dans la cabine de pilotage d’une grue par exemple. C’est le genre de situations auxquelles il faut penser en amont pour véritablement guider les secours de façon fluide et efficiente et assurer le bon déroulement de leur opération.

5/ Comment faciliter l’adoption du DATI par ses futurs utilisateurs ?
Sans implication, pas d’utilisation. L’utilisateur final a son mot à dire : c’est lui qui se servira du dispositif pour sa propre sécurité, pendant toute la durée de son travail. Il le porte, vit avec. Il doit donc l’accepter. Pourquoi y prêter autant d’attention ? Parce que sinon il ne l’utilisera pas.

L’implication du personnel

Pour réussir son projet PTI, il ne faut pas se limiter à l’aspect technologique. Les entreprises qui réussissent l’intégration d’un DATI impliquent leurs équipes en amont, bien avant de valider la solution.

Les erreurs d’autrefois permettent de mieux appréhender cette phase cruciale. Les travailleurs isolés ont une appréhension naturelle vis-à-vis d’un outil qui permet de les « traquer ». Ils ne veulent pas se sentir fliqués, veulent un dispositif facile à utiliser et peu encombrant. Nombre de DATI inadéquats ont été largement déversés dans les industries puis remisés au placard.

Le smartphone PTI permet de répondre à la majorité de ces appréhensions. C’est un objet devenu commun, dont l’utilisation est désormais implicite et qui se glisse facilement dans la poche, toujours allumé.
Concernant le sentiment de flicage, il faut clarifier les termes : il n’est pas question de pister les collaborateurs, mais d’assurer leur sécurité peu importe l’endroit où ils se trouvent.

Les managers ont la responsabilité de porter le projet, de le comprendre et de l’expliquer. Les opérationnels et utilisateurs vont quant à eux tester les dispositifs potentiels et donner leur avis sur la solution à adopter. Le test d’un dispositif va révéler les limites propres à chaque métier. Une posture de travail particulière (travail couché par exemple) nécessitera de désactiver le détecteur de chute mais pas le système de déclenchement d’alarme. Chaque situation singulière doit être mise en évidence par la mise en condition réelle de travail.

Ils sont aussi intégrés dans la démarche des premiers secours en cas d’alerte.

Formation continue

Les DATI sont de plus en plus simples et performants mais tout le monde n’a pas la même appétence en matière de technologie. une formation est donc nécessaire, que ce soit pour les travailleurs isolés néophytes autant que les confirmés.

Formation travailleur isolé

La formation permet de montrer l’utilisation réelle du système choisit à l’issue des deux phases précédentes (Analyse du besoin et implication du personnel). Elle a donc déjà été testée sur le terrain et ses écueils détectés. Elle doit être ludique et pédagogique, permettant à chacun de poser des questions et améliorer sa compréhension de l’appareil.
La formation met aussi en exergue l’utilité du dispositif : secourir le travailleur lorsque celui-ci tombe, s’évanouit, se blesse ou tout autre incident. Des DATI permettent d’ailleurs de détecter automatiquement les chutes.

D’une part les fonctions et boutons du boîtier ou de l’application seront détaillés au cours de la formation, mais un utilisateur expérimenté montrera aussi chaque condition réelle de travail dans les différents lieux de l’entreprise.

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